Noires blessures, L-P. Dalembert, Mercure de France

Publié le par Stern

L'idée de base est très intéressante : cette sorte d'enquête pour comprendre comment ces deux hommes arrivent à cette scène d'une rare violence, un peu comme un roman policier, indices après indices. A la réalisation, le roman est boiteux : la biographie de Mamad est un peu inutile à la résolution de l'intrigue et le style est tellement différent de la biographie de Laurent qu'il semblerait presque que deux personnes différentes les ont écrites (l'un talentueux, l'autre non...). La biographie de Laurent au contraire est dérangeante, piquante, bien ficelée.

Malgré tout, je trouve particulièrement dérangeant l'impression de ne pas tout à fait être sûre qu'il ne s'agit pas d'un roman raciste. Il m'aura fallu longtemps pour me décider ce que je pensais de ce livre tant j'ai eu l'impression de lire deux choses bien distinctes.

Publié dans Étonnants Voyageurs

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S
<br /> <br /> J'ai lu, moi aussi, il ya peu ce roman, qui m'a été offert par une amie. Au début, je pensais tomber sur un livre très carré, noir/blanc, or ce n'est pas du tout le cas.<br /> <br /> <br /> Ce que vous reprochez au livre, c'est entre autres ce qui fait sa force : avoir réussi à trouver deux niveaux de langue différents pour chacun des narrateurs. N'oubliez pas que le premier<br /> narrateur, Mamad, ne maîtrise pas bien le français : ce n'est pas sa langue maternelle, et il a arrêté les études avant le lycée. La force du livre est justement d'avoir trouvé une<br /> langue qui corresponde à son niveau intellectuel. Celui de Laurent, le Blanc, est différent parce que, d'une part, le français est sa langue maternelle, d'autre part, il a fait des études très<br /> poussées et lit beaucoup.<br /> <br /> <br /> Quant à la "biographie" de Mamad, elle explique, à mon avis, sa passivité, son absence de réaction par rapport à l'agression de Laurent. Elle éclaire sous un jour nouveau ses peurs, sa<br /> "complicité" dans sa propre situation. En fait, les deux personnages sont chacun le double de l'autre. J'ai trouvé un article sur le net qui soulignait cet aspect : Mamad s'appelle White ; et<br /> Laurent, Kala ce qui en lingala et en hindi signifie noir.<br /> <br /> <br /> Ce roman est un vrai tour de force, à mon sens.<br /> <br /> <br /> Après lecture, j'ai cherché des critiques sur Internet, et tous ont souligné la force du livre et surtout cette ambivalence de l'âme humaine que l'auteur a su bien cerner. Bravo!<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Bonjour et merci d'avoir laissé une critique aussi construite.<br /> <br /> <br /> Je n'oublie pas les aspects que vous avez souligné : je suis d'ailleurs toujours pas sûre de mon avis à propos de ce livre. (Notez d'ailleurs qu'il est dans la selection des 5 livres dont les<br /> auteurs seront invités au festival en juin.) Cependant, l'opposition Mamad / Laurent me perturbe toujours. Vous avez raison lorsque vous dites qu'ils sont des doubles l'un de l'autre. En même<br /> temps, je garde l'impression que la "biographie" de Mamad n'est pas totalement à sa place, je me sens étrangement mal à l'aise face à certains aspects de cette partie du roman.<br /> <br /> <br /> Il est possible que je revienne sur ma critique pour nuancer certains de mes propos, comme je le disais, il me reste quelques doutes que je vais chercher à lever en relisant le roman à tête<br /> reposée.<br /> <br /> <br /> <br />